Entry Island de Peter May

Editions Quercus, 2014, 534 pages

Il y a des romans que l'on attend avec grande impatience, et c'était le cas de Entry Island ! Surtout quand l'auteur en parle sur Facebook en l'écrivant mais sans trop en dire, histoire d'énerver ses lecteurs !

Entry Island est enfin sorti en anglais ! Youpi !

Entry Island, c'est L'Île d'Entrée, au Québec. Un île d'irréductibles anglophones.

Sime est flic, un peu déprimé, totalement insomniaque depuis sa rupture avec sa femme Marie-Ange. Il doit partir avec une équipe de policiers sur l'ïle d'Entrée pour enquêter sur la mort d'un homme, agressé chez lui, en pleine nuit. De mémoire d'hommes, il n'y a jamais eu de crimes sur l'Île. Sime est d'origine écossaise, et dans sa famille, ses ancêtres ont décidé de garder l'usage de l'anglais, en plus du français. Il est alors le flic tout désigné pour tenir les interrogatoires des principaux suspects dans cette affaire, en particulier Kristy, la femme de la victime. 

Dès qu'il voit Kristy pour la première fois, il a l'intime conviction de la connaître. D'autant plus, qu'il va découvrir un bijou grandement similaire à la bague de ces ancêtres qu'il porte au doigt depuis la mort de son père. Pourtant, il n'a jamais eu de contact avec Krysty avant.

Pourquoi toute cette histoire lui rappelle de vieux carnets que sa grand-mère lui lisant quand il était enfant ? Ces carnets, des journaux de son ancêtre Sime venu d'Ecosse pour s'installer de force au Canada, et qui le fascinent depuis toujours.

Alors, entre l'enquête, on est plongés dans l'histoire de l'Ecosse des années 1800, dans le destin de cette pauvre famille de l'Île de Lewis que l'on déloge de force pour l'expédier au Canada et les remplacer par des moutons. Puis on suit sa nouvelle vie au Québec, la perte de la jeune fille qu'il aimait en cours de route, son installation dans sa cabane en bois...

J'ai mis près d'un mois à lire ce livre car il est intransportable, et puis le soir, ben j'ai souvent pas le temps de lire. Mais voici une "prophétique" grippe qui me tombe dessus, et une grande partie de la prescription pour guerrir est "reste au lit avec du thé et un bouquin".

Quel plaisir j'ai alors eu de terminer ce roman, en entendant les volets claquer à cause du vent, et les rafales de pluie s'abattre sur les vitres. Et moi, j'étais au Québec, puis sur Lewis, maintenant et y'a bien longtemps à suivre la destinée de ces personnages. C'est un livre très émouvant, parfois bien triste mais l'histoire est très belle. On pressent ce qui se passe dès le début du roman, mais on veut savoir le pourquoi et le comment. Alors l'auteur nous balade, dévoile des pièces, en dissimule d'autres pour nous faire traverser ce roman sans se rendre compte que l'on tourne les pages.

Et puis, ce n'est un doute pour personne, j'aime l'histoire écossaise et je m'étais déjà émue de ces clearances dans Consider de Lilies de Iain Crichton Smith... mais j'aime également l'histoire Américaine. Les colonisateurs, pas les explorateurs, mais ceux qui sont arrivés pour s'installer en démarrant de rien, ça m'a toujours intrigué et fasciné.