Secrets of the Sea House d'Elisabeth Gifford

Editions Corvus, 2013, 320 pages

Me voici de retour dans les tourbières de l'Île de Lewis, en Écosse quittées il n'y a pas si longtemps avec Entry Island. Le roman se déroule à deux périodes : 1860 et 1990. Ruth et Michael décident d'acheter une maison au bord de la mer pour la retaper et ouvrir un bed & breakfast. Alors que les travaux vont bon train, ils découvrent les ossements d'un bébé sous une pièce de la maison; les os de ses jambes font penser à une sirène. Cette maison était jadis occupée par le Révérend Alexander et la jeune Moira, expulsée de son village, qui travaillait pour lui comme bonne. Les deux histoires vont évoluer en parallèle alors que Ruth tombe enceinte, situation qui rouvre ses blessures du passé : en effet, sa mère s'est suicidé dans une rivière alors que Ruth n'était qu'une enfant. Sa mère venait des îles, lui chantait des chansons en Gaélique lorsqu'elle était petite, faisait partie de la famille des Silkie (peuple de la mer, moitié humain, moitié phoque). Elle se met à faire des recherches sur la maison, pour donner un nom à cette petite fille retrouvée dans la maison, et l'histoire passionnante de Moira et d'Alexander nous est alors révélée.

J'ai lu ce livre sur mon kindle, il doit faire partie des nombreuses offres que je télécharge régulièrement pour rien, alors je ne savais plus vraiment ce qui m'avait poussé à le prendre. (oh je découvre que je l'ai acheté le 15/12/13, ça veut dire que parfois, je peux lire mes livres rapidement!) Mais ça se passe à Lewis, alors youpi !

Comme je l'ai expliqué plus haut, le livre se déroule sur deux périodes, disons trois, car on remonte souvent à l'enfance douloureuse de Ruth... et je suis du coup bien mitigée ! J'ai adoré l'histoire d'Alexander et de Moira. On survole la famine en Écosse, les évictions. On est témoin de la vie sur l'île à cette époque, du pouvoir des landmen et de la religion, des rancoeurs, de l'émigration de toute une communauté. J'ai moins aimé toutes les recherches sur les sirènes, c'est parfois trop poussé et du coup c'est longuet, mais le principe était bon.

Pour ce qui est de la période contemporaine du roman, j'avoue que j'ai parfois eu du mal. Je n'ai pas du tout accroché au personnage de Ruth, son histoire passe mal, ça reste froid et un peu "je suis tellement triste dans ma vie".... bref ça tourne en rond, et à part quand elle raconte son enfance, le reste est plus que fade.

J'aurais aimé plus de magie et d'interraction entre les deux périodes, qu'une sorte de dialogue s'installe entre les personnages, les lieux, les évènements.

J'ai par contre adoré le personnage de Moira, jeune rebelle et têtue, révoltée par le sort réservé à sa famille et à sa communauté.

Un beau et bon roman malgré tout, si on oublie un peu les longueurs de Ruth.